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La création récente du pays Bassée-Montois se veut constituer un tissu socio-économique favorisant l'épanouissement de communes rurales, aujourd'hui éclatées entre cinq villes: Sens, Montereau-fault-Yonne, Nangis, Provins et Nogent-sur-Seine.

En réalité, ce réseau n'est pas nouveau et trouve son origine dans la baronnie de Bray-sur-Seine.

Cette entité féodale correspondait à un territoire d'un tiers supplémentaire, amputé à la révolution au profit du département de l'Yonne. Ce partage causa préjudice à Bray-sur-Seine qui se vit reléguée dans un trou administratif et coupée de son souverain l'archevêque de Sens. D'ailleurs, cette capitale de la gaule antique (métropole dont dépendait Paris jusqu'au XIII ème siècle) subit, elle aussi, le même sort dans un coin du département voisin de l'Yonne.

Si l'on considère l'évolution du bâti, le centralisme parisien semble avoir amorcé ce phénomène cent cinquante ans avant la Révolution; l'urbanisme de notre petite ville se caractérisait par ses pans de bois démontrant sa richesse avec tours et pignons sur rue tandis que dans les campagnes, les maisons étaient construites de terre et de damiers de craie. Dès le début de l'époque moderne, notre ville ne réussit que très peu la transition architecturale vers l'âge classique, et son usage d'une nouvelle noblesse, la pierre; les constructions de bois ne furent plus que le reflet d'un bourg. Un sursaut de l'ère industrielle verra se substituer la brique au bois dans une évolution stylistique intéressante.

La polarisation autour de Bray dont se réclament toujours nos voisins icaunais est encore évoquée à travers le nom de leur rue ou route principale. Le chansonnier Barrault la présentait en termes clairs à travers ces vers du XVI ème siècle.

De Barbey et Misy

Vinneuf, Courlon, Bachy

Serbonnes et Michery

Sergines et Compigny

De Saint Jean et Pailly

Hollard et Chapolin

La Chapelle et Saint Martin

V'là les gais et cossus lurons

Et les agréables tendrons

Ensemble qui s'en vont

A Bray! A Bray

Danser à la foire de Bray

Ces mêmes populations continuent de fréquenter les grandes heures de notre bonne vieille ville; ses foires bien sûr, mais tout simplement ses commerces, ses services, son marché, ses fêtes...

Le propos se confirme pour l'essentiel du récent pays.

La baronnie s'est constituée autour des Bas-Pays d'une vallée de seine au cours lent en étiage, qui après moult divagations, représente une vaste zone marécageuse dont Bray tire son nom celtique. Cette colonne vertébrale est bordée de terrasses crayeuses dénommées les Hauts-Champs. Les Pays-Hauts désignent les plateaux icaunais bordés par la vallée de l'Oreuse.

Le fief de Mons ( les cinq communes du Montois) lui était attaché par des liens de vassalité.

Entre chacune des cinq villes, la baronnie de Bray était un véritable défi s'étirant le long des principales voies de communications: la très active rivière de Seine lui donnait une vie riche en échange; la Via Agrippa (Rome-Boulogne-sur-Mer) l'ouvrit au vaste monde, sa présence sur la rivière d'Yonne en faisait un trait d'union entre Champagne et Val-de-Loire; une route jusqu'à Bordes l'attirait vers l'incontournable capitale des rois de France.

L'histoire politique de cet espace nous plonge à plus d'un millénaire en-deça aux fondements de notre civilisation; car c'est à partir de ces temps lointains que notre cadre de vie s'est fixé: le paysage degg de la seine et ses pâturages, le parcellaire, les villages inscrits dans une trames de voies, les monuments depuis les mottes de donjons aux églises, en passant par nos habitats pittoresques.

Quel plus beau témoignage, à l'aube du troisième millénaire, que de passer en revue toute son évolution historique: à travers notre contrée, c'est l'Europe d'hier de de demain qui jaillit.

Chacun connaît, à Bray, la silhouette discrète, élégante et digne de Monsieur Scherer, notre historien.

Diplôme et médaille de bronze Sciences-Arts-Lettres le 9 mai 1954, chevalier de l'Etoile civique, il est fondateur, en 1950, du Cercle archéologique du canton de Bray-sur-Seine qu'il préside depuis 1957 avec beaucoup de mérite. L'abondance et la qualité des recherches dans les carrières de sable permirent l'installation des deux premiers archéologues départementaux, sortis tout droit du Cercle.

MM. Mordant et Gouge réunissent aujourd'hui autours d'eux une équipe d'un vingtaine de personnes à plein temps. Avant les pelles mécaniques, ils extraient des milliers d'années d'un pays riche en vie au fil de la Seine, et aujourd'hui connu au niveau mondial.

M. Scherer, conservateur de l'ancien musée de Bray-sur-Seine est le catalyseur du premier fonds archéologique de notre pays. Il est regrettable que ces découvertes ne concernent plus que les initiés de la base archéologique de Bazoches-les-Bray, ou soient sorties de notre vallée pour le musée régional d'Ile de France, à Nemours. Mais les nouvelles tendances culturelles de notre secteur nous laissent espérer une meilleure diffusion de la connaissance locale in situ.

M. Scherer, dans cette même dynamique, fonda aussi le Groupement archéologique de Seine-et-Marne, le 11 décembre 1958 au domicile parisien du professeur Piganiol. Ce groupement réussit aujourd'hui l'heureux équilibre dans la tradition d'un archéologie associative à une professionnalisation nécessaire: les uns et les autres se complètent pour le plus grand bien des publications.

Délégué cantonal en 1974 pour le très novateur pré-inventaire du patrimoine de Seine-et-Marne, M. Scherer s'est beaucoup penché sur les oeuvres mobilières et immobilières. Il s'applique à les mettre en valeur en tant que vice-président du Syndicat d'Initiative par des visites régulières de la Collégiale Notre-Dame et la découverte du centre ville.

Il est l'auteur de diverses publications parmi lesquelles on peut citer les sujets suivant; Origine des noms des rues de Bray ,les Fortifications de Bray et son complexe hydraulique, la guerre de Trente ans, l'Histoire des Sociétés locales...

M. Scherer s'est approprié durant sa longue vie, de nombreuses sources documentaires lui permettant aujourd'hui d'éditer ce premier ouvrage. Suivront des tomes traitant de l'Eglise dans notre baronnie, de ses origines pré-romaines, des personnages et événements essentiels...

De la vie quotidienne aux événements célèbres, ancrée dans la réalité de sites palpables, la vision du monde qu'à M. Scherer, est certes, parfois mélancolique mais elle est fondamentalement vivante.

Jérôme Muniglia

Vice-Président de l'association Patrimoine et culture en Bassée.