Septième Dynastie
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Les Mesmes sont une ancienne famille du Béarn, connue depuis le XIIème siècle, et qui joua un rôle important dans l'Histoire du Béarn et de la Navarre. On cite Henri de Mesmes, fils de Jean-Jacques, né en 1490, qui professa à l'université de Toulouse. La reine de Navarre lui donna une place en son Conseil où il passa au service du roi de France François Ier.

Henri de Mesmes

Henri de Mesmes, le nouveau baron de Bray appartenait à une famille de parlementaires et de diplomates particulièrement brillants. C'était son grand-père, Henri de Mesmes, qui, en compagnie de Biron, avait en 1570, négocié avec les protestants le traité de Saint-Germain. Cette paix avait été qualifiée de boiteuse parce que le premier était seigneur de malassis et que le second boitait.

Son frère, Claude de Mesmes, comte d'Avaux, Conseiller d'Etat, fut ambassadeur à Venise, au Danemark, en Suède et en Pologne. Il participa avec Jean de la Barde, aux négociations d'Osnabrück, et à celle de Munster (1595-1650). Notre baron avait épousé Marie de la Vallée des Fossés, dont l'arrière grand-père, Gabriel de la Vallée était gentilhomme ordinaire du roi et chevalier de ses ordres.

Henri de Mesmes ne régna pas longtemps sur la baronnie de Bray, car il mourut en 1650. Sa fille Antoinette-Louise hérité de la baronnie. C'est sans doute vers 1660 qu'elle épousa Louis-Victor de Vivonne. Georges Martin qui a étudié l'histoire de la maison de Rochecouard et sa généalogie, ne précise pas la date de ce mariage.

Notons que les historiens considèrent généralement Louis-Victor de Vivonne comme étant le baron de Bray, alors qu'en réalité c'est son épouse Antoinette de Mesmes qui avait hérité de la baronnie de son père, et que la loi salique n'était pas appliquée sur ce territoire.

Louis-Victor de Vivonne

Mais qui donc était ce Louis-Victor de Rochecouart, duc de Mortemart et de Vivonne, prince de Tonnay-Charente, marquis de Moigneville, seigneur de Limaloges et autres lieux?? Issu d'une famille dont l'origine est antérieure à l'an 990, il était le fils de Gabriel de Rochecouart et de Diane de Grandseigne.

Gabriel de Rochecouart, duc de Mortemart naquit en 1600. Henri IV l'admit à participer à l'éducation du dauphin. Il fut fait premier gentilhomme de la chambre du roi Louis XIII en 1630, fait chevalier des ordres du roi en 1633. Nommé gouverneur de Paris et de l'Ile de France en 1669, il fit bâtir un premier hôtel Montmart, rue Saint-Guillaume à Paris. Intelligent, cultivé, plein d'esprit, aimant la musique, la danse, la chasse, les grandes chevauchée en forêt, les plaisirs de la table et les douceurs de l'amour. Il mourut en son hôtel le 26 décembre 1675.

Il eut cinq enfants: Louis-Victor, Gabrielle, Marie-Christine, Françoise-Athénaïs et Marie-Gabrielle-Madeleine.

Louis-Victor, dès son plus jeune âge, entra à la cour où il fut enfant d'honneur de Louis XIV. Tandis que les enfants d'honneur du jeune roi étaient négligés, bien qu'on les eût tous mis au collège de Grassins, son père lui donna dans sa maison un précepteur sous le quel, plus heureux que ses compagnons, il fit des progrès qui l'ont rendu célèbre par ces bons mots.

Dès qu'il eût l'âge de porter les armes, il alla servir en Flandre comme volontaire, sous les commandements du grand Turenne, et se distingua à l'attaque des lignes d'Arras, à la prise de Landrecies et de Condé en 1655. Elevé au grade de mestre de camp, il partit pour l'Italie et servit dans l'armée navale commandée par le duc de Beauford, amiral de France. L'année suivante il fut employé en qualité de maréchal de camp des armées du roi, et sous les ordres du même chef, à l'expédition contre Gigéri, dans le Royaume d'Alger, dans laquelle il exerça par commission le charge de général des galères. la guerre ayant été déclarée à l'Espagne en 1667, il se distingua en Flandre, sous les yeux du roi, aux sièges d'Ath, de Tournay, de Douai et de Lille.

Après la paix d'Aix-la-Chapelle, il parut à la tête d'une escadre devant Alger, et obligea la régence à faire avec la France un traité pour la sûreté du commerce. Il eut ensuite le commandement des galères avec les quelles il alla, en qualité de général de l'Eglise, au secours de l'île de Cadie.

Après le mort du duc de Beaufort, il monta le vaisseau amiral. Lorsqu'à son retour il passa par Rome, le pape Clément IX lui donna les marques les plus distinguées de son estime, et l'honora du gonfalon de l'Eglise, avec permission de le porter dans ses armes, lui et sa postérité. En 1669, il fut pourvu de la charge de général des galères. Cette dignité l'obligea de fixer son séjour à Marseille.

En 1672, la guerre ayant été déclarée aux Hollandais, il se trouva au fameux passage du Rhin. Son cheval de bataille, appelé Jean Le Blanc, fit au milieu du fleuve un faux pas qui faillit renverser son maître. Tranquillement Louis-Victor lui dit:" Tout beau, Jean Le Blanc, voudrais-tu me faire mourir en eau douce un général des galères?". Au même moment il reçut à l'épaule un coup de feu dont il ne guérit jamais et qui le força de porter toujours le bras en écharpe, mais il supportait gaiement cette disgrâce. Durant la campagne de 1673 il servit encore en Hollande et se signala au siège de Maëstricht. Le roi récompensa ses services en lui donnant le gouvernement de la Champagne en 1677, avec le titre de Vice-Roi de Sicile. Son père étant mort en 1675, il exerça la charge de premier gentilhomme de la chambre, et mena désormais la vie de courtisan voluptueux, ami des lettres, et disposé à plaire au roi en bassesse.

A cinquante-deux ans, il était parvenu au comble des honneurs: riche, aimé de son maître, il avait un fils qui donnait les plus belles espérances, et à qui le roi avait accordé la survivance de toutes les charges du père, mais ce fils mourut le 3 avril 1688. Le duc de Vivonne en fut gravement affecté, et il ne tarda pas à le suivre dans la tombe. Il mourut de 15 septembre 1688, après une douloureuse maladie, suite de ses excès autant que de ses blessures.

Il avait quatre sœurs: Gabrielle née en 1633, Françoise-Athénaïs née en 1640, Marie-Christine dont nous n'avons pas eu la date de naissance, et Marie-Gabrielle-Madeleine, née en 1645. La première épousa le marquis de Tranges, la seconde le marquis de Montespan, les deux autres entrèrent au couvent.

Seule, Madame de Montespan nous intéresse dans le cadre de cet ouvrage. L'abbé Têtu déclara un jour:"Madame de Montespan parle comme une personne qui lit, Madame de Trianges comme une personne qui rêve, Madame de Fontevrault comme une personne qui parle".

Françoise-Athenaïs était, selon Saint-Simon, " Belle comme le jour jusqu'aux derniers moments".

Madame de Montespan

La marquise de Montespan avait obtenu pour elle, par le crédit de Monsieur, frère du roi, auquel il était attaché, une place de dame du palais de la reine. La marquise de Montespan parut à la cour avec tout ce qu'il faut pour se faire remarquer et pour plaire. A la beauté, elle joignait l'esprit, le plus vif, le plus fin, le mieux cultivé, Louis XIV, occupé par son amour pour le duchesse de la Vallière, ne fit pas, de prime abord, attention à Madame de Montespan. Mais lorsque celle-ci se fut liée avec la duchesse, le roi, la rencontrant souvent chez sa maîtresse et chez la reine, remarqua sa conversation, et insensiblement, il se laissa charmer par la belle marquise.

On s'aperçut après quelques temps de la liaison, devenue intime, qui s'était établie entre le roi et elle. C'est à partir de 1670 qu'éclata la faveur de madame de Montespan. En 1671, le comte de Lauzin fut mis à Pignerol pour avoir eu l'audace de se cacher sous le lit de Madame de Montespan pendant que le roi s'y trouvait. Monsieur de Montespan avait d'abord espéré tirer maints avantages de cette situation, mais impatient, il se porta publiquement à des excès scandaleux qu'il s'attira l'ordre d'aller vivre dans ses terres.

Nous n'insisterons pas sur ces ébats et aventures amoureuses, car nous pensons que les lecteurs les connaissent déjà depuis longtemps.

De ces amours royales naquirent dix enfants. Les deux premiers moururent en bas âge, et les deux derniers furent cachés à la connaissance du roi. Les six autres furent légitimés; ce sont: le comte de Vexin, le duc du Maine, Mademoiselle de Nantes, Mademoiselle de Tours, Mademoiselle de Blois, et le comte de Toulouse.

Tous ces bâtards légitimés furent élevés par Madame Scarron, qui deviendra Madame de Maintenon, et qui finalement épousera le vieux roi, sans jamais porter le titre de reine.

Nous voici parvenus à l'épilogue.

Mademoiselle de Blois

Mademoiselle de Blois fut épousée par Philippe, duc d'Orléans, arrière-petit-fils d'Henri IV. A la mort du roi Louis XIV le 1er septembre 1715, il devint régent du royaume de France en attendant la majorité de Louis XV.

Cette maison d'Orléans a été représentée par la suite par d'illustres personnages, tel le roi Louis-Philippe Ier dont une fille épousa le premier roi des Belges, dynastie toujours régnante. D'autres descendants se rencontrent dans presque toutes les familles royales d'Europe.